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L’extravagant bestiaire de Severo Sarduy

 

Par Catherine (octobre 2009)

Côté biographie, Severo Sarduy est un écrivain cubain né en 1937 et mort du SIDA en 1993, à Paris où il vivait depuis le début des années 60.
Côté œuvre, il est plutôt créatif, prolifique et polymorphe : poèmes, nouvelles, romans, essais, pièces radiophoniques et de théâtre, photographies, etc.
Côté style, il est tout à fait extravagant : imagination délirante, narrations abracadabrantes, métaphores décalées et truculentes ; qualifié de néo-baroque, sorte de camp ou queer en version caribéenne. S’il s’était exprimé par la peinture, ses personnages auraient été les métis d’une improbable union entre les foisonnants portraits maniéristes d’Arcimboldo et les grotesques figures de Grosz, sur fond d’orientalisme.

Ses romans Cobra (1972, Prix Médicis étranger), Maïtreya (1980), Colibri (1986) et Les Oiseaux de la plage (1993) sont peuplés d’avatars subversifs, brutes homophiles, épouvantails libidineux, anges camés, divas de bordel et "fées à pomme d’Adam" parmi lesquelles des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence pourraient se glisser sans détonner — à moins que celles-ci, nées en 1979, postérieures aux premiers romans, ne s’en soient comme échappées. Univers fascinant et vénéneux, sensuel et cruel, dans lequel sarcasme et lubricité circulent dans une profusion de sensations tactiles, odorantes, visuelles, auditives et gustatives très prégnantes.

Erudite et ludique, certes quelque peu hermétique, l’écriture de Sarduy est un art jubilatoire qui cuisine la langue pour façonner des récits dégagés des conventions et de toute vraisemblance. On peut y flâner à la surface, se laisser emmener par la succession prolixe des images jusqu’à l’hypnose, dériver avec les méandres facétieux du texte, en user comme d’un inoffensif substitut d’alcaloïde opiacé. Ceux qui y goûtent risquent cependant d’y plonger jusqu’au cou.

Obsédés textuels, ne pas s’abstenir.
Réticents, un conseil : aborder ses fictions de manière antichronologique en facilite l’accès (elles m’ont semblé les unes après les autres de moins en moins folles mais c’est peut-être seulement un effet de mon accoutumance).
Accros, vous pourrez consulter dans notre bibliothèque deux documents complémentaires pour vous adonner au sujet : un article de Gabriel Araujo paru dans le numéro 5 de la revue Inverses (2005) ainsi qu’une analyse de Dorita Nouhaud, L’Ombre d’affolées en pleurs - ou l’érotisme "métrisé" de Severo Sarduy (2009), publiée par l’Harmattan dans la collection Homotextualité.



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