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« Chiraz n’est pas l’endroit idéal pour sortir du placard » (Vida)

 

Par Catherine (mars 2010)

L’insolite et subversif roman Dérèglements (2002) se déroule à Damas et suit, entre autres personnages, Wisam, une jeune épouse frustrée qui découvre son premier orgasme avec une femme et trouve un épanouissement dans l’homosexualité tandis que l’une de ses partenaires s’interroge « sommes-nous censées rester malheureuses jusqu’à la fin de notre vie, juste pour que les normes sociales subsistent ? ». Ce roman de l’auteur syrien Ammar Abdulhamid a été écrit en anglais en 1998, interdit en Syrie, initialement publié à Londres en 2001 puis traduit en espagnol, français, italien, néerlandais et japonais.
Dix ans avant lui, en 1988, un autre livre critique d’une société répressive paraissait à Beyrouth et était interdit dans les pays du Golf : les Femmes de sable et de myrrhe (1992), de la romancière Hanan El Cheikh native du Liban et vivant à Londres, subissent la loi d’une monarchie pétrolière ; étouffées d’interdits et d’ennui, deux d’entre elles ont une liaison.
Plus récemment et au cinéma, on découvrait le radieux film Caramel (2007) réalisé et interprété par une autre Libanaise, Nadine Labaki, dans lequel Rima, la jeune shampouineuse du salon de beauté Si belle à Beyrouth, ne dissimule pas son trouble pour une femme.

Ces trois oeuvres, parce qu’elles tentent une représentation plus ou moins explicite de l’homosexualité féminine dans le Moyen-Orient contemporain, font exception. Même si les romans ou films évoquant l’homosexualité masculine sont un peu plus nombreux, le thème de l’homosexualité reste particulièrement rare dans les fictions du monde arabo-musulman moderne.

Pour compléter, citons un roman de 2006, écrit en italien par trois lesbiennes et une transsexuelle sous le pseudonyme de Vida, qu’une récente édition en français a permis de découvrir : Le Jardin de Shahrzad (KTM, 2009) a pour narratrice une jeune hamjensgarâ iranienne exilée en Italie, exemplaire de la diaspora ; revenant à Chiraz après onze ans d’absence, elle témoigne des conditions de vie des minorités sexuelles dans l’Iran d’aujourd’hui en donnant la parole aux blogueurs d’une communauté LGBT qui se constitue par Internet.

Hors du domaine de la fiction, la bibliothèque offre encore de quoi poursuivre sa réflexion sur l’invisibilité, la censure et la répression de l’homosexualité avec l’enquête Parias, gays et lesbiennes du monde musulman de Brian Whitaker (2008) ou grâce aux témoignages regroupés par Afdhere Jama dans Citoyens interdits, les minorités sexuelles dans les pays musulmans (H&O, 2010).

Il va sans dire, mais c’est encore mieux en l’écrivant, que ce petit tour d’horizon n’a pas pour intention de panser ma condition locale en faisant passer l’homophobie pour exotique.



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