Centre LGBT Paris-ÎdF, le Centre Lesbien, Gai, Bi et Trans de Paris et Île-de-France

Résultat de l’enquête auprès des hommes qui aiment les hommes

 

Cette enquête a eu lieu de septembre 2015 à octobre 2016.

Cet article donne la synthèse des résultats, vous pouvez aussi télécharger l’enquête complète en cliquant ici.
 

    Les caractéristiques de l’enquête

 
Conçue et réalisée par des volontaires du Pôle Santé du Centre LGBT Paris Île-de-France, cette enquête a fait l’objet de plusieurs échanges préalables avec différents acteurs/trices de la santé, pour aboutir à la diffusion d’un questionnaire de 76 questions (mis en ligne de septembre 2015 à mai 2016) et à 2662 réponses exploitables.
 

    Le public

 

  • Orientation sexuelle : 85 % de gays, 15 % de bisexuels.
  • Régions : 48 % province, 43 % Paris Île-de-France, 5 % étranger.
  • Sérologie : 12,3 % séropositifs, 73,2 % séronégatifs, 14,5 % séro-interrogatifs.
  • Âge : 28 % moins de 30 ans ; 65,5 % entre 30 et 59 ans ; 6,5 % plus de 60 ans.

 

    Les principaux résultats (chiffres clés)

 
Un dépistage intensif mais peu de counseling

  • 90 % des répondants ont été dépistés au VIH, et ce test date d’il y a moins d’un an pour 71 % des séronégatifs et 40,6 % des séro-interrogatifs. Ceux qui prennent le plus de risques sont aussi ceux qui se font le plus dépister.
  • La moitié des dépistages sont effectuées dans les laboratoires d’analyses médicales privés et ne sont donc pas accompagnés d’un counseling de prévention.
  • Seuls 15 % des dépistés ont reçu une brochure de prévention lors de leur dépistage.

Des prises de risques plus importantes pour les séropositifs

  • 16 % des séropositifs n’utilisent jamais la capote (contre 8 % des séronégatifs), ils sont 25 % à avoir plus de 5 partenaires par mois (10 % pour les séronégatifs) et 32 % peuvent utiliser des drogues lors des rapports sexuels (9 % des séronégatifs).
  • Du coup 44 % des séropositifs ont des antécédents d’IST au cours des deux dernières années, contre 23,5 % pour les séronégatifs.

La capote, un usage massif

  • 53,5 % utilisent toujours un préservatif pour la sodomie ; 23,5 % souvent ; 14,5 % parfois et seulement 9 % jamais.
  • Les qualités de la capote sont reconnues, elle sécurise (pour 83 %) et est hygiénique (50 %). Un quart ne lui trouve aucun inconvénient. Les difficultés avec la capote varient : la baisse de sensation est citée par 60,5 % des répondants et la peur de perdre son érection par 55 %.

La prévention bio-médicale

  • Le traitement post exposition (TPE) est connu par 90 %, et 12 % d’entre eux l’ont déjà utilisé, et surtout ceux qui ont beaucoup de partenaires (26,4 % de ceux qui ont plus de 5 partenaires par mois).
  • La PrEP cherche sa place. 35 % des répondants ne la connaissaient pas au moment de l’enquête, et elle était moins connue en province qu’en région parisienne. Elle est d’emblée rejetée par un tiers des répondants, un tiers envisage de la prendre et un dernier tiers ne sait pas encore quoi en penser. Ce sont surtout ceux qui prennent le plus de risques qui sont intéressés, mais 31 % de ceux qui estiment ne prendre aucun risque sont prêts à prendre le médicament.

Une invisibilité de la séropositivité et le rejet des séropositifs

  • Les séronégatifs connaissent peu les séropositifs. 40,6 % n’ont pas d’ami proche séropo, et 20,8 % ne savent pas s’ils en ont ou pas.
  • La moitié seulement des séronégatifs déclarent accepter d’avoir du sexe avec un séropositif, mais dans la pratique ils ne sont que 32 % à l’avoir déjà fait.

Des rapports avec les médecins meilleurs que prévu

  • 15 % seulement des répondants déclarent avoir rencontré des difficultés dans leur parcours médical en raison de leur orientation sexuelle. En cas d’IST 60 % vont s’adresser de préférence à leur médecin généraliste habituel.
  • 72 % accordent le plus de confiance à leur médecin pour s’informer sur la prévention (46 % aux brochures des associations, 45 % à Internet, et seulement 21 % aux médias).

Un couple gay très « ouvert »

  • La moitié des répondants se déclarent être « seul », 39 % disent être en couple, et 11 % estiment que « c’est plus compliqué ».
  • 32 % des gays qui sont en couple ont entre 2 et 5 partenaires par mois, et 9 % plus de 5.

Des attentes vis-à-vis des associations LGBT

  • Parmi 5 actions proposées par les associations LGBT, l’obtention de contacts professionnels de santé friendly, le TROD et les permanences santé sont les plus souhaitées, devant les discussions de groupes et les conférences.
  • Pour aborder la sexualité, 67 % souhaitent avoir accès à des entretiens individuels et personnalisés, contre seulement 10 % qui préfèrent les discussions au sein d’un groupe.

 

    Les questions soulevées par les résultats de l’enquête

 
Quel rôle nos associations LGBT peuvent-elles jouer pour agir en faveur de la santé sexuelle des gays ?
 
1) Comment améliorer la prévention lors des dépistages ?
2) Quelles actions entreprendre pour diminuer les prises de risques des séropositifs ?
3) Comment maintenir l’usage du préservatif et promouvoir davantage le safer sex ?
4) Quel est le public concerné par la PrEP et comment faire pour que ce nouvel outil ne se substitue pas à la capote ?
5) Comment améliorer les rapports entre séropositifs et séronégatifs ?
6) Quelles actions pour sensibiliser les médecins généralistes à la santé sexuelle ?
7) Que peuvent faire les associations LGBT pour redynamiser les actions collectives en faveur de la prévention ?



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